dimanche 18 décembre 2011

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 3 : une centenaire dans les vignes

Je ne vais pas vous parler de ma grand-mère, non,  mais bien d'une souche :

C'est difficile de se rendre compte avec une photo, mais dans cette vigne j'ai croisé des ceps vraiment très vieux et pourtant en pleine forme.
J'espère vieillir comme ça.
Cette souche est vraiment toute tordue mais ses sarments sont encore bien vigoureux. C'est difficile de connaitre son age avec précision car le registre des cadastres n'indique aucune date antérieure à 1950, mais d'expérience je peux dire que ce grenache s'approche certainement des 100 ans voire plus.
C'est fou de penser à tout ce que cette souche à vu passer d'histoire...

D'autres pieds en revanche sont un peu plus fatigués :
Et oui ce sont bien les deux cailloux sous la souche qui la tienne droite. (méthode de vieux, mais qui marche)
Celle là porte moins bien son age.

Et puis dans certaine parcelle, comme ici on trouve aussi beaucoup de fossile :
au centre de la photo
 zoomer


La taille avance tranquillement. Avec le mois de décembre les premiers bilans sont faits. C'est bon pour l'instant je ne suis pas en retard.

Bonne fêtes à tous.
P.S. : Pour ceux qui n'aiment pas les sapins de noël, vous pouvez faire une souche de noël...en espérant trouver à son pied une bonne bouteille le fameux soir.

vendredi 9 décembre 2011

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : épisode 2 : " Impression soleil levant "

Parfois, moi, simple vigneronne je me prends un peu pour une artiste.
Comme mes talents de peintre sont très limités, je vous ai pris des photos de mon "impression soleil levant " à moi.
A 8H :



A 9 H :

 A 10 H

Voilà une occasion de vous parler de notre sol. La montagne en fond de photo est une immense barrière de calcaire (juste derrière c'est les Corbières) mais voilà tout notre terroir (enfin 80 %), c'est du schiste noir...
Mystère de la géologie, il semble qu'il s'agisse d'une décomposition des strates inférieures, bon là je vais m'arrêter, si parmi les lecteurs il y a un expert en géologie, cela m'intéresse de vraiment comprendre se phénomène.
Ici au premier plan, il s'agit d'une syrah. Je n'aime pas la syrah...
Enfin j'ai du mal car chez nous on aime être libre dans les vignes et le pallissage avec ces fils de fers et ces rangées bien alignées sans possibilités d'aider son voisin de travail c'est un peu triste.
Avec la tramontane, notre bon vieux grenache n'a pas de problème, mais la syrah...
Mais bon , le résultat dans le verre est intéressant, alors je prends mon mal en patience.
Mais là il s'agit d'une vigne que nous avons racheté il y a peu de temps alors il faut encore reprendre beaucoup de pieds, car la taille en cordon visiblement le tailleur avant moi il connaissait pas bien.

Avant

Après, quand je peux refaire un cordon

 Les  bois sont a enlever à la main, et ils sont très accrochés à leur fils :

Vous l'aurez compris mon cœur va plutôt à la taille en gobelet.

Parfois aussi, on fait de drôle de rencontre dans les vignes  

là, une araignée bizarre


Ici les rangée sont plantées assez espacées de façon à permettre la mécanisation. On peut labourer, ramasser ou broyer les sarments et traiter de façon plus précise.

Enfin voilà, c'est quand même bien de se dire que l'année prochaine cette vigne sera encore plus belle enfin je crois.

Je vous avez parlé de murettes, ce sera encore pour la prochaine fois...

lundi 28 novembre 2011

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 1 Tout commence par la taille

Dans  cette chronique je vous propose de me suivre dans mes vignes. Au fil de l'année je vais vous raconter en mots et en images le travail, les vignes, le grand air.
Pour ce premier épisode évidemment la taille, tout vin commence en effet par la taille d'hiver.

La taille est une vraie course de fond pour le vigneron. Le résultat n'est perceptible qu'après la répétition de milliers de coup de sécateurs (bon en fait j'ai jamais compté, mais si on considère 12 coups par souche et 4 000 souches à l'hectare, cela fait 48 000 coups de ciseaux, ah oui, quand même...mais bon quand on aime  on ne compte pas, on referme donc cette parenthèse).

Chez nous, à Maury, la taille reine est le gobelet, une taille courte qui permet de garder une bonne répartition des bois sur la souche, un peu en forme de couronne.

Ici une souche de carignan avant la taille :




Et là juste après (mais vu du dessus)


Bon évidemment, il s'agit là d'une vieille souche donc loin, très loin, du cas d'école.

Au passage pour ceux qui entendent parler du schiste noir de notre terroir mais qui n'en on jamais vu, vous êtes servi au pied de ce ... pied.

Souvent aussi, c'est la bonne période pour observer la faune au repos (j'ai vu un superbe lièvre, mais pas le temps de faire une photo) donc voici dans le creux d'une souche une coccinelle en pleine sieste.
Oui le petit point rouge !!!




La taille c'est aussi le moment de voir le paysage calme  avec les belles couleurs d'automne.
Ici une vus de notre vallée au petit matin avec encore un trait de brume, toutes les parties marrons/jaunes ce sont les vignes

Encore une particularité de notre territoire, la coplantation, ici vous voyez bien dans cette parcelle des souches de différentes couleurs :
 Il ne s'agit  là ni d'un caprice de la nature  ni du hasard, en effet, chez nous la coplantation est présente dans la plupart des vieilles vignes. En fait , nos ancêtres mélangeaient les cépages dans une même parcelle, ce qui nous amène à avoir des grenaches (sur la photo les souches jaunes) et aussi des carignans (les souches rouges), vous me direz c'est très joli, mais bon parfois pour les vendanges c'est un peu galère (nous y reviendrons en temps voulu).

Voilà la taille. Pour info on commence en général à la mi novembre (voir début novembre pour ceux qui on beaucoup de vignes à tailler) et on termine fin mars!!!
Pour l'instant tout va bien, c'est le début, le mal au dos ne fait que commencer et en plus il fait un temps très agréable (presque trop) en effet il fait souvent 15 °C voir 18°C et en tout cas pour l'instant pas en dessous de 5°C et très peu de vent. Mais bon, cela ne va pas durer. D'ailleurs il vaudrait mieux pas sinon les vendanges vont être précoce. Mais là en y est pas encore.

Prochain épisode : la gestions des sarments et les murettes.

mercredi 16 novembre 2011

Remettre l'Homme au centre.

Je reviens sur la journée de l'université de la vigne et du vin de Ferrals les Corbières du 10 novembre.
Le sujet était, "vignerons, riches et célèbres ?".
Un titre provocateur pour un sujet central, comme faire savoir que les vins du Languedoc Roussillon ne sont plus à l'age de la Préhistoire mais qu'une révolution c'est faite ces 15 dernières années et qu'aujourd'hui la qualité est partout, mais plus encore qu'une réelle diversité existe et qu'il est difficile de ne pas trouver le vin que l'on aime dans notre région.
A cette journée, j'ai eu le plaisir d'écouter différents témoignages de "personnalités" du vin.
Et parmi elle Jacques Berthomeau qui était venu là pour comme il nous a dit "écouter", mais bon, bien sur, il a parlé aussi (c'était pour ça qu'il était invité). Il a laissé libre cours à sa réflexion sur les modes de consommation, la perception des urbains sur notre travail de vigneron, "l'outil" de communication internet...
Un de ces propos a tout de même suscité un questionnement, il a assimilé les caves coopératives aux "winery" des pays "nouveaux producteurs de vin" .
Il était évidemment question de la capacité des "Winery" a utilisé les techniques modernes de vinification, leur adaptation aux visites touristiques, en un mot leur RENTABILITÉ.
Et là je crois que l'on touche du doigt une grande question.
Effectivement nos structures "traditionnelles" (petit viticulteur ne comptant pas ses heures ni l'argent que lui coûte un hectolitre à produire et qui amène ses raisins à une cave coopérative qui n'a pas vu un coup de peinture depuis 50 ans) ont prouvé leur inadaptation et leur limite (restructuration, regroupement ou fermeture), cependant faut il voir dans le tout technique, la solution ?
Outre le fait que cette solution est très coûteuse, il me semble aussi qu'elle ne permet pas un dévellopement basé sur l'Homme.
Je pense qu'une "belle et rutilante Winery" au coeur des Corbières pourrait faire et vendre du vin correspondant aux consommateurs d'aujourd'hui mais peut elle être celle qui fait vivre tout un village ?
En effet, il faut revenir aux bases, et se souvenir que les caves coopératives existent pour permettre à des viticulteurs d'un même village (un village souvent petit et éloigné des grandes villes) de se fédérer pour affronter ensemble les problématiques de la vinification, de l'élévage et de la vente du vin.
Et là il y a un hic, car le tout technique coupe souvent l'homme des réalités. Dans une winery, peu de personne gèrent  et de loin leurs cuves par l'intermédiaire d'écrans et même les parcelles de vignes sont suivies par des programmes permettant d'analyser et de choisir les assemblage sans se rendre dans la vigne goûter les raisins.
Alors oui nous devons prendre le bon de la technique de nos voisins vignerons, mais ne pas perdre au passage notre âme et oublier pourquoi nous travaillons ensemble :
Nous sommes paysans et nous faisons vivre notre pays.
Personnellement je crois que les caves coopératives sont des structures d'avenir.
J'attends vos réactions

Aurélie PEREIRA

dimanche 13 novembre 2011

Sensibilité de journaliste

C'était jeudi 10 novembre, à Ferrals les Corbières, une journée de l'Université de la vigne et du vin.
Pour moi c'était une première et je dois dire que Nadine Franjus-Adenis, l'organisatrice, nous avait concocté une belle journée.
Des interventions variées mais toutes menées par des expert dans leur domaine.
Ici je voulais partager , l'intervention de Michel Smith

                                          photo de Michel Smith en pleine explication,
                                          à coté Christine Ontivero


En temps que journaliste, Michel Smith nous a fait un exposé très pratique nous invitant à nous mettre à la place des journalistes, des"types normaux" comme il dit. Démystifiant un peu le sacro-saint journaliste, nous rapprochant aussi un peu de ce métier.
Finalement, nous cherchons un peu la même chose :
"de la cohérence , de la simplicité " : agir dans ses vignes selon notre instinct et notre expérience
"du lien entre un vin, un lieu, des gens" :   être fier de notre terroir et le partager
"raconter l'histoire d'un pays" : faire le vin qui ressemble à l'endroit où il naît,
bref je vais pas tout vous raconter (vous avez qu'à venir l'année prochaine)
en tout cas des journalistes, pardon des "types normaux", comme ça on voudrait en rencontrer plus souvent.

C'est promis au prochain envoi d'échantillon on rajoutera un petit mot.

Pour les autres interventions, j'y reviendrai sûrement un autre jour...

mercredi 9 novembre 2011

J'ai fait un rêve...

Une bonne dose d'optimisme ça fait un bien fou.

Nous le savons tous c'est la crise. La Crise de ... confiance en l'avenir.
Alors oui, une réunion où l'avenir peut être envisagé comme meilleur ça donne envie.
J'étais hier soir à une réunion organisé par notre municipalité sur le thème de la qualité de l'eau.
En temps que vignerons sur le cru Maury, nous sommes "le poumon économique" de notre village, mais nous sommes aussi en position délicate sur la question de l'eau.
Mais là, il n'était pas uniquement question de critique, au contraire le but de la municipalité est de trouver les points susceptibles d'être améliorés, je veux dire des actes concrets engagés après discussion avec la population, les vignerons, les agents municipaux.
La préservation et l'amélioration de la qualité de l'eau sont des enjeux majeurs pour demain, et bien sur en temps que vigneronne je préfère être consultée pour évoquer des améliorations réalistes que recevoir une amende d'un organisme d'état lointain.
Je crois, j'espère que chacun prendra la mesure de la chance qui nous est donné de faire entendre notre voix. Et comme me l'a soufflé quelqu'un à l'oreille : "il faut créer une association de pécheur sur notre petite rivière "le Maury" (et oui la rivière aussi s'appelle Maury)"
On n'a pas d'équipe de foot alors pourquoi pas une équipe de pécheur...Bon évidemment pour cela il nous faut de la pluie, et chez nous ce n'est pas si courant que cela ces dernières années la pluie, enfin elle est arrivé la semaine dernière après deux mois d'attente. Ce qui a donné lieu à un bel arc en ciel.


Alors on y croit fort et on se dit que demain sera meilleur.

jeudi 3 novembre 2011

Une grande première

C'est un peu comme un premier RDV, on hésite, on se pose beaucoup de questions, mais on meurt d'envie d'y aller.
Chacun a envie enfin de se jeter à l'eau, en évitant si possible la douche froide.

Le monde du vin est riche et complexe.
Riche d'une multitude de tendances, de goût, de couleur...
Complexe, car parfois, il est difficile de savoir ce que vous allez trouver dans une bouteille si vous vous laissez seulement guider par votre intuition ( et oui ça existe encore des gens qui choisissent une bouteille de vin sans suivre les  conseils de nos chers guides).

Et nous, pour essayer d'éclairer votre lanterne, nous avons travaillé sur une définition de nos vins.
Maintenant (depuis la récolte 2011) vous allez voir apparaitre des mots qui accompagnent l'AOP MAURY.
Des mots qui vont vous éclairer sur le style du vin et son mode d'élevage.
Enfin vous serez si vous achetez un rouge jeune avec des notes de fruits rouges frais ou un rouge élevé en oxydation avec des notes de fruits secs ou de torréfaction

Pour faire passer ce message nous travaillons aussi sur une image simple et claire pour mettre en lumière l'évolution de notre appellation, de Maury AOP de vin doux naturel, nous avons aussi maintenant l'AOP MAURY SEC en rouge.

Alors je crois qu'on n'a pas fini de parler et surtout de boire du MAURY dans les mois à venir.

RDV à VINISUD