lundi 10 septembre 2012

C'est les vendanges...

On trace, car il n'y a pas autant de raisins que l'on aurait pu le croire.
Le principal c'est que ce soit bon...

Je peux pas être partout alors lisez :
http://vignerons-maury.blogspot.fr/

dimanche 2 septembre 2012

mission GG : jour 1

Et voilà quelques mois que je suis dans ma nouvelle peau.
La peau d'une vigneronne coopératrice.
Pas très à la mode en c'est temps où chacun court après la réussite personnelle. Justement voilà, moi je pense que nous avons besoin les uns des autres, que seul, nous nous épuisons et nous appauvrissons (intellectuellement et non financièrement).

Alors voilà, j'ai soigné mes vignes et aujourd'hui je suis fière de pouvoir amener mes premiers GG (comprenez Grenache Gris) à la cave coopérative pour participer à l'élaboration des blancs secs 2012.

Et vous me croirez si vous voulez mais en fait le tri est plus exigeant à la cave coopérative que ce que j'avais fait dans mon "ancienne vie".
En effet, ici les sélections sont pointus et quand on fait une cuve de GG pas question qu'il y est aussi des blancs donc sur les vieilles vignes en mélange où l'on retrouve des cépages blancs, noirs et gris mélangés (c'est encore une grande part des vignes de MAURY), et bien il faut passer pour cueillir les blancs, puis repasser pour les gris et puis repasser pour les noirs...

Bien sur, il y a aussi du "mélange" vendangé en une fois mais cela ne colle plus avec les vins vinifiés maintenant et donc nous trions le plus possible.

De mon premier jour de cueillette, je montre ici le meilleur moment : la grillage







Ce jour là le temps est radieux mais la météo est capricieuse cette année et nous passons vite du grand soleil au ramade (mot local désignant une bruine brève et en général accompagnée de vent fort qui vous sèche rapidement)



Un tournant de ma vie que j'espère négocier avec succès.

P.S : Pour ceux qui trouver que je me laisse allez dans la régularité de mes articles.
Je participe aussi au blog des vignerons de Maury : vignerons-maury.blogspot.com/

dimanche 10 juin 2012

LES ANTIMILITARISTES BOIVENT ILS DES VINS AVEC DES AROMES DE "PIERRE A FUSIL" ?

En ce soir de résultat d'élection loin de moi l'idée de faire de la politique ici.
Mais voilà, je vais ce samedi 16 juin à une colloque organisé par l'association "TERROIR DE SCHISTE" sur le thème de la minéralité, en fait l'intitulé précis c'est :

La minéralité, impression subjective ou réalité ?

Bien sur il s'agit là d'une analyse de différentes appellation viticole dont le point commun est le sol de schiste.

Débats qui promettent d'être riches et complexes.

Pour en savoir plus sur cette manifestation :
http://www.vitisphere.com/agenda-58327-Colloque-La-mineralite-impression-subjective-ou-realite.html

Pour le résumé, attendre dimanche.

En tout cas je suis impatiente de participer à cet évènement, en effet "TERROIR DE SCHISTE" c'est un peu de mon quotidien et en même temps je partage ce patrimoine avec des vignerons bien loin de chez moi et bien différents.

Je suis curieuse de m'enrichir de nos différences et de constater nos points communs.

Et cette question : peut on simplement sur un élément de géologie de nos terroirs, créer une dynamique, non seulement entre vignerons mais aussi avec les autres professionnels du monde du vin, et partager cela avec les amateurs de vins ?

En effet, cette association regroupe des vignerons mais aussi des cavistes, sommeliers, imprimeur, passionnés... et les adhésions sont ouvertes.

A SUIVRE

dimanche 22 avril 2012

"Il pleut il mouille c'est la fête ... au paysan"

Comme dit la chanson "il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille il fait beau temps c'est la fête au paysan".
Et bien non, nous nous sommes ravi d'avoir enfin une pluie digne de ce nom. On ne savait même plus ce que c'était une vraie pluie ... avec de l'eau, mais oui.
Bon évidemment la grêle on s'en serait bien passé mais bon les dégâts sont localisés et comme il nous fallait de la pluie c'est plutôt positif. En plus ce dimanche sous la pluie, nous à Maury on avez prévu de manger du chocolat.
Et oui pour ceux qui l'on loupé c'était notre journée "Maury et chocolat" organisé par le Cru Maury.
Un bonheur, un délice et des découvertes.
Et oui car au cours de cette journée nous avons eu de grands chefs et de grands chocolatiers venus nous faire part de leur vision des accords Maury et chocolats.

La matinée était dédié au accords plats salés cacaotés et Maury doux.

Merci à Franck Séguret du Clos des Lys pour son cours de cuisine magistral enrichissant.
(660, Chemin de la Fauceille  66100 Perpignan   Tel. : 04 68 56 75 00)
http://www.closdeslys.com/

Et bravo à Yves Zier du CIVR pour sa passion et sa connaissance des vins de Maury


Pour chaque cuisiniers, 2 plats préparés devant nous avec explications et astuces
et pour chaque plats 1 ou 2 vins du cru.
Des Maury de tout age et de toute expression.

Deuxième chef : Christian Ségui, artisan traiteur à Ponteilla.
( 9 rue du Roussillon - 66300 - Ponteilla tel - 04 68 53 47 77 )
http://www.segui-christian-traiteur.com 
Un passionné passionnant alliant humour et précision.


Le tout filmé et retranscrit sur écran pour ne louper aucun geste des chefs.

Et bien vous me croirez ou pas mais la morue c'est très bon avec un Maury doux, et oui...

A midi repas cacaotés à la maison du terroir.
Toujours excellent.

L'après midi c’était au tour des pâtissiers.

Le premier atelier conduit par un assistant de M. Bajard fut le plus fréquenté.
www.olivier-bajard.com
Gourmandises chocolatés et macarons au programme.
(pas plus de commentaires car il y avait tellement de monde que nous pauvres vignerons n'avons pas pu gouter tous ces délices)

Puis vient le tour de la Maison Lépinay, de Paris enfin presque puisque de Lagny sur marne
http://lepinaychocolatier.com/
Des chocolats fin, élégant, riche, complexe.
Le paradis pour les Maury.

Je crois que nous avons fait quelques nouveaux adeptes du Maury à la sauce chocolat...

Pour ceux qui n'était pas là vous pouvez vous rattraper en venant au Amorioles le 27 mai pour une ballade oeno-gastronomique dans le vignoble de Maury.
Renseignements et réservation 
tél: +33 (0)4 68 50 08 54
mél : amoriolesmaury@gmail.com

mercredi 28 mars 2012

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 6 : Caterpillar et barre à mine...

Lors de l'épisode précédent je vous avais amené avec moi pour le nettoyage des landes avant plantation.
Après ce travail manuel, une étape plus importante à lieu.
Ce n'est pas systématique mais là au vu des cailloux il était nécessaire de faire intervenir un spécialiste.



M. Caterpillar est son ripper 



Le but ici n'est pas de retourner la terre mais juste de décompacter et surtout de casser les roches trop près de la surface, afin de permettre un bon développement racinaire.


Voyez plutôt les affleurements des rochers après un premier passage :



Ce travail fait, il faut encore passer labourer pour aplanir les bosses (dans la mesure du possible) et faire un travail du sol plus en finesse... pour ça merci à mon frère qui a fait un bon travail dans tous les sens ( labour croisé ) et à de nombreuses reprises.

Et puis voici enfin le jour temps attendu : la plantation.

Là, plus question de faire en solo, une grande équipe est nécessaire.



Il faut d'abord faire l'équerre : tracer avec des câbles les premières rangées et s’assurer des angles et des distances, sous peine de ne pas pouvoir travailler ensuite correctement.

Ensuite chacun prend son poste et sa barre à mine, dans la joie et la bonne humeur c'est partie pour quelques heures de travail


Tout est dans le coup de main.

Merci en tout cas à tout ceux venu ce jour là pour me permettre de planter mes 4 000 greffés soudés de grenache noir.

Bien sur comme toujours lors de travaux d'entraide un déjeuner pâté, vin rouge et autres délices sucrés était prévu pour motiver les troupe et remercier les volontaires.

Une fois les plants mis en rang, il faut encore arroser afin de faire descendre la terre au fond des trous et de permettre aux racines de ce développer dans de bonnes conditions.

Là encore ce n'est pas fini.

Maintenant il faut chausser (c'est à dire ramener de la terre fine autour des plants afin de les butter ).

Je n'ai pas pris des photos de chaque étapes, mais il nous reste encore une vigne à faire c'est promis je vous montrerai cela la prochaine fois.

Et maintenant on espère avoir quelques pluies bienfaitrices...

Dès que ça pousse je vous montre les premières feuilles.

lundi 5 mars 2012

Dégustations

Voici quelques jours que notre œnologue-directeur, ou dois je dire directeur-œnologue, nous prépare régulièrement des dégustations de nos 2011.
En fait le jeu se déroule sur plusieurs matinée car il est difficile, voir impossible, pour nous, simples vignerons de déguster les 30 000 HL de la récolte 2011 en une fois, vous comprenez bien pourquoi...
Nous avons donc commencé par une séance avec les vins rouges secs.
Environ 40 échantillons pris par lot afin de nous permettre de gouter l'intégralité de la cave et pas juste le meilleur.
Et là je dois dire que je suis restée étonnée de l'équilibre tannique.
Bien sur la puissance et la matière sont bien présentes mais les tannins sont ronds et fondues et pourtant ce sont encore des "bébés" vins.
Un millésime riche et intense mais qui sera vite prêt à boire, enfin je crois.

Quelques jours après séance blancs et rosés secs.
Du fruit, du gras, mais aussi de la fraicheur, et je dois dire que j'ai été ravi de constater que nous avons pu faire sortir de cette dégustation 1 grenache blanc et 2 grenaches gris qui seront isolés et certainement mis en bouteille. Une nouvelle cuvée en perspective qui illustrera le potentiel qualitatif de ces cépages sur nos sols souvent vu comme des terres de prédilection pour les vins doux naturels.

La troisième séance était dédiée aux muscats doux.
Je croyais que cette séance là serait moins surprenante c'était sans compter sur les talents d'un œnologue curieux d'expérimentations. Et oui car au delà de la gourmandise des jeunes muscat de l'année, nous avons eu droit à la dégustation de trois "essais", en fait des muscats "différents" avec élevage et là je dois dire que l'un d'entre eux m'a particulièrement séduite. Un muscat muté très tôt avec 250 g environ de sucres résiduels.
Trop de sucre me direz vous et bien non car il y avait dans ce vin une telle complexité que l'on en oubliait le muscat pour rentrer dans l'univers des grands liquoreux. Cela m'a rappelait une soirée passée à déguster des Côteaux du Layon il y a quelques années.
Heureuse surprise.

Nous attendons avec impatience les matinées dédiées aux Maury vins doux naturels, jeunes et vieux, on va se régaler.

jeudi 2 février 2012

Art moderne ou jardinage ?

Faire du vin est il de l'art ?
Vaste débat.

Souvent quand je constate  la potentialité d'un sol, liée à ses caractéristiques géologiques,
que je ne peux que me soumettre aux facteurs climatiques, que je suis là avec mes vieilles vignes, car d'autres longtemps avant ont fait le choix de planter ce cépage à cet endroit, et que je goûte combien chaque vigneron peut faire des vins bien différents avec un même terroir alors je me dis que les vignerons sont des artistes.

Et oui la matière est là entre nos mains mais selon mon humeur, mon histoire, mes compétences et mes envies je vais produire un vin très différents de mon voisin.

Nous tentons de faire s'exprimer un lieu, une histoire, un climat, un sol, au travers d'un prisme personnel.
Chacun a sa propre philosophie et sa propre énergie.
Le vin, produit personnel, devient produit de consommation, quand il se retrouve en bouteille entre les mains de son acheteur. Oui mais il restera toujours un produit à part, car non indispensable à notre survie, nous le choisissons parce qu'il nous montre à voir un lieu et des Hommes , photo unique et évolutive dans le temps.

Toute cette réflexion m'est venue à la vue de cette pure oeuvre d'art moderne :

En pleine nature


Je ne sais pas si l'artiste sait qu'il a fait de l'art mais à mon sens c'est quand même de l'art.
Art vivant et évolutif, encré dans un lieu. Symbole de la volonté de domestication de la nature par l'homme...
Bon j'arrête là mon délire et je vais continuer à tailler...

jeudi 19 janvier 2012

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 5 : FEUX DE JOIE

Ciel clair, temps calme, froid vif...
Voyez plutôt la gelée blanche sur ces herbes :


Parfait pour faire un grand feu.
Pas de camp, ni de Saint Jean à l'horizon.

Matinée idéale pour un grand feu de joie.




J'ai deux évènements à fêter :

1° d'abord mon admission au conseil d'administration de la cave coopérative de Maury. Enfin je vais pouvoir suivre de plus près la vie intime de la cave.
Comme dit son directeur c'est un grand paquebot (en ce moment l'image n'est pas très heureuse mais bon ...), je pense difficile à manœuvrer mais quel voyage en perspective...

2° une plantation, et oui car ces feux ne sont pas que la manifestation ardente de mon envie mais aussi et surtout la préparation de landes pour une plantation ce printemps.
En effet j'ai réussi à acheter 2 très belles landes mais bien sur dans ces cas là un gros nettoyage s'impose et avant de pouvoir labourer il m'a fallu enlever toutes les vielles racines, d'où ces grands feux.

Bien sur je vous ferez suivre la plantation au fur et à mesure de son déroulement et la vie de la cave coop aussi bien sur.

dimanche 8 janvier 2012

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 4 : Striptease

Pour bien commencer l'année, voici quelques photos prises entre noël et le 1er de l'an.

Commençons directement par le plus "hot", le striptease :


Et oui, cette matinée là de taille était très chaude, et je me suis effeuillée au fur et à mesure mais bon je vous montre juste mon étalage de pull et autres vestes... ouf.

Admirez plutôt le paysage, premier plan : sol de schiste noir, deuxième plan : la garrigue et en fond les grandes montagnes de calcaires qui encerclent notre cru et pour les plus observateurs, au fond , à droite la petite pointe sur la montagne, c'est le bastion cathare de Quéribus (je sais il y a de grandes discussions pour savoir si c'était vraiment les cathares, mais bon en va dire que oui...), à visiter absolument si vous passer par  là : pour la vue et pour mieux comprendre le coté austère des gens d'ici.

En effet, nous avons un hiver très HOT, un peut trop, voyez plutôt :


Cette photo (garantie sans trucage) est prise en décembre. Et comme vous pouvez le voir, cette souche est en train de débourrer, c'est à dire que des bourgeons sont en train d’éclore avec 3 mois d'avance.
Heureusement ce n'est pas le cas sur toutes les souches et bien sur la taille va calmer tout ça, mais bon il faut vraiment un froid vif et durable.Aussi car le froid est nécessaire pour lutter contre le développement de tout un tas de parasites. Ici des termites qui ont colonisé l'intérieur d'un cep, en fait un seul bras (une branche) de ce cep, par ailleurs encore vivant.



Tout cela pour en finir par vous souhaiter une année 2012 pleine de bonnes bouteilles entre amis, en amoureux ou bien loin de chez vous pour la découverte.
Souriez et la vie vous sourira.

dimanche 18 décembre 2011

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 3 : une centenaire dans les vignes

Je ne vais pas vous parler de ma grand-mère, non,  mais bien d'une souche :

C'est difficile de se rendre compte avec une photo, mais dans cette vigne j'ai croisé des ceps vraiment très vieux et pourtant en pleine forme.
J'espère vieillir comme ça.
Cette souche est vraiment toute tordue mais ses sarments sont encore bien vigoureux. C'est difficile de connaitre son age avec précision car le registre des cadastres n'indique aucune date antérieure à 1950, mais d'expérience je peux dire que ce grenache s'approche certainement des 100 ans voire plus.
C'est fou de penser à tout ce que cette souche à vu passer d'histoire...

D'autres pieds en revanche sont un peu plus fatigués :
Et oui ce sont bien les deux cailloux sous la souche qui la tienne droite. (méthode de vieux, mais qui marche)
Celle là porte moins bien son age.

Et puis dans certaine parcelle, comme ici on trouve aussi beaucoup de fossile :
au centre de la photo
 zoomer


La taille avance tranquillement. Avec le mois de décembre les premiers bilans sont faits. C'est bon pour l'instant je ne suis pas en retard.

Bonne fêtes à tous.
P.S. : Pour ceux qui n'aiment pas les sapins de noël, vous pouvez faire une souche de noël...en espérant trouver à son pied une bonne bouteille le fameux soir.

vendredi 9 décembre 2011

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : épisode 2 : " Impression soleil levant "

Parfois, moi, simple vigneronne je me prends un peu pour une artiste.
Comme mes talents de peintre sont très limités, je vous ai pris des photos de mon "impression soleil levant " à moi.
A 8H :



A 9 H :

 A 10 H

Voilà une occasion de vous parler de notre sol. La montagne en fond de photo est une immense barrière de calcaire (juste derrière c'est les Corbières) mais voilà tout notre terroir (enfin 80 %), c'est du schiste noir...
Mystère de la géologie, il semble qu'il s'agisse d'une décomposition des strates inférieures, bon là je vais m'arrêter, si parmi les lecteurs il y a un expert en géologie, cela m'intéresse de vraiment comprendre se phénomène.
Ici au premier plan, il s'agit d'une syrah. Je n'aime pas la syrah...
Enfin j'ai du mal car chez nous on aime être libre dans les vignes et le pallissage avec ces fils de fers et ces rangées bien alignées sans possibilités d'aider son voisin de travail c'est un peu triste.
Avec la tramontane, notre bon vieux grenache n'a pas de problème, mais la syrah...
Mais bon , le résultat dans le verre est intéressant, alors je prends mon mal en patience.
Mais là il s'agit d'une vigne que nous avons racheté il y a peu de temps alors il faut encore reprendre beaucoup de pieds, car la taille en cordon visiblement le tailleur avant moi il connaissait pas bien.

Avant

Après, quand je peux refaire un cordon

 Les  bois sont a enlever à la main, et ils sont très accrochés à leur fils :

Vous l'aurez compris mon cœur va plutôt à la taille en gobelet.

Parfois aussi, on fait de drôle de rencontre dans les vignes  

là, une araignée bizarre


Ici les rangée sont plantées assez espacées de façon à permettre la mécanisation. On peut labourer, ramasser ou broyer les sarments et traiter de façon plus précise.

Enfin voilà, c'est quand même bien de se dire que l'année prochaine cette vigne sera encore plus belle enfin je crois.

Je vous avez parlé de murettes, ce sera encore pour la prochaine fois...

lundi 28 novembre 2011

UNE ANNEE DANS LES VIGNES : Episode 1 Tout commence par la taille

Dans  cette chronique je vous propose de me suivre dans mes vignes. Au fil de l'année je vais vous raconter en mots et en images le travail, les vignes, le grand air.
Pour ce premier épisode évidemment la taille, tout vin commence en effet par la taille d'hiver.

La taille est une vraie course de fond pour le vigneron. Le résultat n'est perceptible qu'après la répétition de milliers de coup de sécateurs (bon en fait j'ai jamais compté, mais si on considère 12 coups par souche et 4 000 souches à l'hectare, cela fait 48 000 coups de ciseaux, ah oui, quand même...mais bon quand on aime  on ne compte pas, on referme donc cette parenthèse).

Chez nous, à Maury, la taille reine est le gobelet, une taille courte qui permet de garder une bonne répartition des bois sur la souche, un peu en forme de couronne.

Ici une souche de carignan avant la taille :




Et là juste après (mais vu du dessus)


Bon évidemment, il s'agit là d'une vieille souche donc loin, très loin, du cas d'école.

Au passage pour ceux qui entendent parler du schiste noir de notre terroir mais qui n'en on jamais vu, vous êtes servi au pied de ce ... pied.

Souvent aussi, c'est la bonne période pour observer la faune au repos (j'ai vu un superbe lièvre, mais pas le temps de faire une photo) donc voici dans le creux d'une souche une coccinelle en pleine sieste.
Oui le petit point rouge !!!




La taille c'est aussi le moment de voir le paysage calme  avec les belles couleurs d'automne.
Ici une vus de notre vallée au petit matin avec encore un trait de brume, toutes les parties marrons/jaunes ce sont les vignes

Encore une particularité de notre territoire, la coplantation, ici vous voyez bien dans cette parcelle des souches de différentes couleurs :
 Il ne s'agit  là ni d'un caprice de la nature  ni du hasard, en effet, chez nous la coplantation est présente dans la plupart des vieilles vignes. En fait , nos ancêtres mélangeaient les cépages dans une même parcelle, ce qui nous amène à avoir des grenaches (sur la photo les souches jaunes) et aussi des carignans (les souches rouges), vous me direz c'est très joli, mais bon parfois pour les vendanges c'est un peu galère (nous y reviendrons en temps voulu).

Voilà la taille. Pour info on commence en général à la mi novembre (voir début novembre pour ceux qui on beaucoup de vignes à tailler) et on termine fin mars!!!
Pour l'instant tout va bien, c'est le début, le mal au dos ne fait que commencer et en plus il fait un temps très agréable (presque trop) en effet il fait souvent 15 °C voir 18°C et en tout cas pour l'instant pas en dessous de 5°C et très peu de vent. Mais bon, cela ne va pas durer. D'ailleurs il vaudrait mieux pas sinon les vendanges vont être précoce. Mais là en y est pas encore.

Prochain épisode : la gestions des sarments et les murettes.

mercredi 16 novembre 2011

Remettre l'Homme au centre.

Je reviens sur la journée de l'université de la vigne et du vin de Ferrals les Corbières du 10 novembre.
Le sujet était, "vignerons, riches et célèbres ?".
Un titre provocateur pour un sujet central, comme faire savoir que les vins du Languedoc Roussillon ne sont plus à l'age de la Préhistoire mais qu'une révolution c'est faite ces 15 dernières années et qu'aujourd'hui la qualité est partout, mais plus encore qu'une réelle diversité existe et qu'il est difficile de ne pas trouver le vin que l'on aime dans notre région.
A cette journée, j'ai eu le plaisir d'écouter différents témoignages de "personnalités" du vin.
Et parmi elle Jacques Berthomeau qui était venu là pour comme il nous a dit "écouter", mais bon, bien sur, il a parlé aussi (c'était pour ça qu'il était invité). Il a laissé libre cours à sa réflexion sur les modes de consommation, la perception des urbains sur notre travail de vigneron, "l'outil" de communication internet...
Un de ces propos a tout de même suscité un questionnement, il a assimilé les caves coopératives aux "winery" des pays "nouveaux producteurs de vin" .
Il était évidemment question de la capacité des "Winery" a utilisé les techniques modernes de vinification, leur adaptation aux visites touristiques, en un mot leur RENTABILITÉ.
Et là je crois que l'on touche du doigt une grande question.
Effectivement nos structures "traditionnelles" (petit viticulteur ne comptant pas ses heures ni l'argent que lui coûte un hectolitre à produire et qui amène ses raisins à une cave coopérative qui n'a pas vu un coup de peinture depuis 50 ans) ont prouvé leur inadaptation et leur limite (restructuration, regroupement ou fermeture), cependant faut il voir dans le tout technique, la solution ?
Outre le fait que cette solution est très coûteuse, il me semble aussi qu'elle ne permet pas un dévellopement basé sur l'Homme.
Je pense qu'une "belle et rutilante Winery" au coeur des Corbières pourrait faire et vendre du vin correspondant aux consommateurs d'aujourd'hui mais peut elle être celle qui fait vivre tout un village ?
En effet, il faut revenir aux bases, et se souvenir que les caves coopératives existent pour permettre à des viticulteurs d'un même village (un village souvent petit et éloigné des grandes villes) de se fédérer pour affronter ensemble les problématiques de la vinification, de l'élévage et de la vente du vin.
Et là il y a un hic, car le tout technique coupe souvent l'homme des réalités. Dans une winery, peu de personne gèrent  et de loin leurs cuves par l'intermédiaire d'écrans et même les parcelles de vignes sont suivies par des programmes permettant d'analyser et de choisir les assemblage sans se rendre dans la vigne goûter les raisins.
Alors oui nous devons prendre le bon de la technique de nos voisins vignerons, mais ne pas perdre au passage notre âme et oublier pourquoi nous travaillons ensemble :
Nous sommes paysans et nous faisons vivre notre pays.
Personnellement je crois que les caves coopératives sont des structures d'avenir.
J'attends vos réactions

Aurélie PEREIRA

dimanche 13 novembre 2011

Sensibilité de journaliste

C'était jeudi 10 novembre, à Ferrals les Corbières, une journée de l'Université de la vigne et du vin.
Pour moi c'était une première et je dois dire que Nadine Franjus-Adenis, l'organisatrice, nous avait concocté une belle journée.
Des interventions variées mais toutes menées par des expert dans leur domaine.
Ici je voulais partager , l'intervention de Michel Smith

                                          photo de Michel Smith en pleine explication,
                                          à coté Christine Ontivero


En temps que journaliste, Michel Smith nous a fait un exposé très pratique nous invitant à nous mettre à la place des journalistes, des"types normaux" comme il dit. Démystifiant un peu le sacro-saint journaliste, nous rapprochant aussi un peu de ce métier.
Finalement, nous cherchons un peu la même chose :
"de la cohérence , de la simplicité " : agir dans ses vignes selon notre instinct et notre expérience
"du lien entre un vin, un lieu, des gens" :   être fier de notre terroir et le partager
"raconter l'histoire d'un pays" : faire le vin qui ressemble à l'endroit où il naît,
bref je vais pas tout vous raconter (vous avez qu'à venir l'année prochaine)
en tout cas des journalistes, pardon des "types normaux", comme ça on voudrait en rencontrer plus souvent.

C'est promis au prochain envoi d'échantillon on rajoutera un petit mot.

Pour les autres interventions, j'y reviendrai sûrement un autre jour...

mercredi 9 novembre 2011

J'ai fait un rêve...

Une bonne dose d'optimisme ça fait un bien fou.

Nous le savons tous c'est la crise. La Crise de ... confiance en l'avenir.
Alors oui, une réunion où l'avenir peut être envisagé comme meilleur ça donne envie.
J'étais hier soir à une réunion organisé par notre municipalité sur le thème de la qualité de l'eau.
En temps que vignerons sur le cru Maury, nous sommes "le poumon économique" de notre village, mais nous sommes aussi en position délicate sur la question de l'eau.
Mais là, il n'était pas uniquement question de critique, au contraire le but de la municipalité est de trouver les points susceptibles d'être améliorés, je veux dire des actes concrets engagés après discussion avec la population, les vignerons, les agents municipaux.
La préservation et l'amélioration de la qualité de l'eau sont des enjeux majeurs pour demain, et bien sur en temps que vigneronne je préfère être consultée pour évoquer des améliorations réalistes que recevoir une amende d'un organisme d'état lointain.
Je crois, j'espère que chacun prendra la mesure de la chance qui nous est donné de faire entendre notre voix. Et comme me l'a soufflé quelqu'un à l'oreille : "il faut créer une association de pécheur sur notre petite rivière "le Maury" (et oui la rivière aussi s'appelle Maury)"
On n'a pas d'équipe de foot alors pourquoi pas une équipe de pécheur...Bon évidemment pour cela il nous faut de la pluie, et chez nous ce n'est pas si courant que cela ces dernières années la pluie, enfin elle est arrivé la semaine dernière après deux mois d'attente. Ce qui a donné lieu à un bel arc en ciel.


Alors on y croit fort et on se dit que demain sera meilleur.

jeudi 3 novembre 2011

Une grande première

C'est un peu comme un premier RDV, on hésite, on se pose beaucoup de questions, mais on meurt d'envie d'y aller.
Chacun a envie enfin de se jeter à l'eau, en évitant si possible la douche froide.

Le monde du vin est riche et complexe.
Riche d'une multitude de tendances, de goût, de couleur...
Complexe, car parfois, il est difficile de savoir ce que vous allez trouver dans une bouteille si vous vous laissez seulement guider par votre intuition ( et oui ça existe encore des gens qui choisissent une bouteille de vin sans suivre les  conseils de nos chers guides).

Et nous, pour essayer d'éclairer votre lanterne, nous avons travaillé sur une définition de nos vins.
Maintenant (depuis la récolte 2011) vous allez voir apparaitre des mots qui accompagnent l'AOP MAURY.
Des mots qui vont vous éclairer sur le style du vin et son mode d'élevage.
Enfin vous serez si vous achetez un rouge jeune avec des notes de fruits rouges frais ou un rouge élevé en oxydation avec des notes de fruits secs ou de torréfaction

Pour faire passer ce message nous travaillons aussi sur une image simple et claire pour mettre en lumière l'évolution de notre appellation, de Maury AOP de vin doux naturel, nous avons aussi maintenant l'AOP MAURY SEC en rouge.

Alors je crois qu'on n'a pas fini de parler et surtout de boire du MAURY dans les mois à venir.

RDV à VINISUD

mercredi 26 octobre 2011

Des vignerons à la Brassens

Impossible en cette période anniversaire d'échapper à Brassens et à ses airs qui vous rentrent dans la tête et ne vous quittent plus. Je ne me plains pas, j'aime plutôt ce chanteur, que dis-je, ce poète qui nous fais croire que tout et simple : faire une mélodie, des paroles, avoir du succès, tout ça l'air de rien.

Et bien je pense que beaucoup de vignerons sont des Brassens en puissance.

Nous autres,  paysans, aimons la liberté, les petits bonheurs, le travail minutieux (et souvent ingrat) et la passion guide nos pas.
Sans passion, pas de vignes plantées, sans acharnement, pas de vignerons qui accumulent les boulots (et oui beaucoup travaillent "ailleurs" pour pouvoir continuer à être vigneron).

Alors oui il faut y croire, avoir la foi, la passion, la fibre, la motivation, l'envie ... l'amour comme Brassens pour les mots.
Beaucoup de travail pour quelques secondes de plaisirs apportés à des inconnus...le pied intégral.

Alors soyez solidaires, écoutez Brassens en buvant un verre de vin.

mardi 18 octobre 2011

Des moutons en ville...

Surprise, cette photo est prise en plein centre de Perpignan...

Oui, oui, sur un "serrat" (comprenez une petite montagne), un troupeau vit tranquillement. Comme quoi, il faut toujours penser que tout est possible.

A ce sujet nous préparons maintenant le lancement de notre toute nouvelle appellation MAURY SEC.

Premier millésime : 2011

Un cahier des charges commun avec notre cher MAURY VIN DOUX NATUREL,
donc du GRENACHE NOIR
un terroir de SCHISTE
et maintenant la reconnaissance de l'aspect unique de nos vins aussi pour toute la gamme des rouges secs.

Nous sortons enfin de la grande marmite des Côtes du Roussillon Villages et pouvons prétendre pour nos cuvées les plus emblématiques à une appellation MAURY SEC.

Les vins sont encore en cours d'élaboration, alors bien sur nous en reparlerons ...

jeudi 29 septembre 2011

Sous le soleil exactement ...

Non il ne s'agit pas de vous chanter une chanson, mais bien de vous parler de vendange.
La vendange 2011 s'annonçait délicate, en effet, la quantité de raisin étant plutôt importante (par rapport à nos malheureux 15 à 20  hl/ha habituel ces dernières années), la qualité de travail du vigneron était capitale.
Heureusement la météo a été clémente, voire même exceptionnellement chaude et sèche.
Seulement 2 heures de travail perdues pour cause de pluie cette année.
Le millésime semble donc bien engagée, mais là attention il reste beaucoup à faire en cave pour commencer à utiliser des qualificatifs dithyrambiques
Question récolte, la nouveauté de l'année était à l'utilisation de bac de 500 KG dit "green box" pour vendanger une sélection de vin sous cahier des charges.




Il s'agit ici de rapatrier en cave des raisins avec un minimum de tassement et de pouvoir grace à un élévateur basculant alimenter directement une chaine mobile de tri et d'égrappage.

Affaire à suivre, mais les premiers essais semblent assez concluants...

Aurélie PEREIRA

vendredi 16 septembre 2011

La cave coop c'est plus ce que c'était...

Beaucoup de gens disent souvent : "c'était mieux avant".
Et bien non pour beaucoup de chose, nous sommes très bien à notre époque.
Que celui qui veut faire sa lessive à la main dans un lavoir me jette la première pierre.

Tout ça pour parler de notre journée de vendange. Aujourd'hui c'était segment 1.
Sous ce nom barbare se cache un grand travail de sélection de vieille vignes de grenache noir. État sanitaire et maturité sont suivie par un technicien très pointu qui connaît le terroir de maury comme sa poche.
Résultat, des vignerons qui se prêtent au jeu de la vendange en comporte (petit récipient qui préserve l'intégrité des grappes et donc la qualité, à l'heure de la machine à vendanger il y a un certain mérite) et qui une fois arrivée à la cave  passe leur raisin sur la table de tri.
Alors là je dis : "c'est mieux maintenant".
Y'a plus qu'à goûter le résultat...